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La clause · étape 1, avant de partir
Les exclusions courantes d’un contrat d’assurance chasse
Textes vérifiés le 7 octobre 2026.
Exclusion. Situation que le contrat ne couvre pas, même si le sinistre se produit pendant la période de garantie ; pour être valable, elle doit être formelle et limitée.
Un tir en état d’ivresse qui blesse un voisin de poste et détruit sa voiture
| Blessures du voisin, indemnisées par l’assureur ou, s’il refuse sa garantie, par le fonds de garantie | 65 000 € |
| Somme qui peut ensuite être réclamée au chasseur | jusqu’à 65 000 € |
| Voiture du voisin, si le contrat exclut les sinistres en état d’ivresse | 0 € payé |
La victime est indemnisée pour ses blessures ; le chasseur peut devoir rembourser, et reste seul face au dommage matériel.
Exemple fictif : les montants ne viennent d’aucun contrat réel.
Ce que dit la loi sur les exclusions
Un assureur peut refuser de couvrir certaines situations, mais pas n’importe comment. Le Code des assurances exige que l’exclusion soit formelle et limitée :
- formelle : écrite clairement dans le contrat, sans renvoi vague ;
- limitée : elle ne doit pas vider la garantie de son sens. Une clause qui exclurait « toute faute du chasseur » ne laisserait presque rien de couvert ; un juge l’écarterait.
Une exclusion ne se présume jamais : si le contrat ne la prévoit pas, la garantie joue.
L’exclusion que la loi impose : la faute intentionnelle
Aucune assurance ne couvre le dommage voulu par l’assuré. Le Code des assurances le dit sans exception possible : l’assureur ne répond pas des dommages provenant d’une faute intentionnelle ou dolosive. Tirer volontairement sur un chien qui n’est pas le sien, ou sur la voiture d’un voisin en conflit, n’est jamais assuré.
Une imprudence, même grave, n’est pas une faute intentionnelle : le tir mal placé qui blesse reste couvert.
Les exclusions qu’on retrouve souvent
Les contrats chasse varient, mais certaines clauses reviennent souvent :
- chasse sans permis validé ou en dehors de la période de validation ;
- état d’ivresse ou usage de stupéfiants ;
- chasse en temps prohibé ou dans un lieu interdit ;
- activités hors action de chasse (tir sur cible, ball-trap, entraînement), sauf extension ;
- chasse à l’étranger, sauf extension territoriale ;
- dommages subis par l’assuré lui-même et par ses biens, qui relèvent d’autres garanties.
Le cas de l’alcool
Depuis le 18 septembre 2023, se trouver en état d’ivresse manifeste pendant une action de chasse, porteur d’une arme à feu ou d’un arc, est une contravention de 5e classe (1 500 € au plus). Il n’existe pas, à la date de vérification, de délit d’alcoolémie à la chasse avec un taux, comme sur la route : une proposition de loi en ce sens a été déposée au Sénat en novembre 2025, sans être adoptée.
Côté assurance, une exclusion « ivresse » ne joue pas de la même façon selon le dommage :
- blessures causées à autrui : la victime est indemnisée dans tous les cas. Soit par l’assureur, qui ne peut pas lui opposer une déchéance ; soit, si l’assureur refuse sa garantie, par le fonds de garantie, qui indemnise les victimes d’un auteur non assuré. Celui qui a payé peut ensuite se retourner contre le chasseur ;
- dommages matériels : l’exclusion peut s’appliquer directement, et le chasseur paie de sa poche.
Exclusion, déchéance, nullité : trois mots différents
- Exclusion : la situation n’a jamais été couverte.
- Déchéance : la situation était couverte, mais l’assuré perd son droit à cause d’un manquement après le sinistre (déclaration tardive, par exemple). Elle n’est jamais opposable à la victime d’un dommage corporel de chasse.
- Nullité : le contrat est annulé pour une fausse déclaration intentionnelle à la souscription.
Pour les petites lignes qui pèsent le plus après un accident, voir aussi la défense pénale et recours.
Les textes
- Code des assurances, art. L113-1 — Les pertes sont à la charge de l’assureur, sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police ; l’assureur ne répond pas des dommages provenant d’une faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré.
- Code de l’environnement, art. L423-16 — Pour les accidents corporels causés par la chasse, aucune déchéance n’est opposable aux victimes ou à leurs ayants droit.
- Code de l’environnement, art. R428-8 — Être en état d’ivresse manifeste à l’occasion d’une action de chasse en étant porteur d’une arme à feu ou d’un arc est une contravention de 5e classe (depuis septembre 2023).
Cas d’école ; votre contrat et les faits décident.